Ce premier volet, étonnamment inspiré par le thème de l’air, montre la posidonie, dessus. Les photographies défilent au fil du poème éponyme De l’air ou Posidonie, dessus. Suivi d’un entretien avec l’artiste, kokeb.fr nous témoigne son attachement à la posidonie et révèle quelques explications surprenantes. Cette publication d’artiste est à associer au second volume Patience et longueur de la Posidonie, avec une discussion scientifique.
« Poumon de la mer Méditerranée, la posidonie (Posidonia oceanica) est indispensable à sa survie, dessous et dessus. »K.

Entretien avec l’artiste kokeb.fr
– Votre premier souvenir de posidonie ?
kokeb.fr : En Corse, je devais avoir dix ans… La vision de ses grandes herbes, l’herbier plein de poissons, d’oursins, de vie… Depuis, j’ai la chance de nager dans un endroit qui abrite une prairie immense, verdoyante. C’est superbe, idyllique. La posidonie, je l’adore.
– Pourtant, vous aborder la posidonie… dessus ? Pourquoi ?
kokeb.fr : Je ne voulais pas d’une vision sous-marine tout de suite… Je trouvais singulier de commencer la découverte de la posidonie dès l’extérieur, à l’air libre.
– Justement, on dirait que l’air souffle dans votre poème?
kokeb : J’ai mis en jeu les dix mots « qui (ne) manquent pas d’air » de l’édition 20.21 de « Dis-moi dix mots ». Ils déclenchent le texte.
J’avais participé à une des premières éditions, en 1998 je crois. J’avais réalisé le design d’une méthode syllabaire en ligne. Une application très novatrice pour l’époque… J’avais été invitée par madame Catherine Trautmann, ministre de la Culture, à la Cité des Sciences… C’est un souvenir vraiment sympa… Je deviens nostalgique…
– … Revenons à la posidonie ? et nous si on veut la voir ?
kokeb : De loin on l’aperçoit, elle transparaît de l’eau de mer, elle lui donne des reflets verts foncés. Mais surtout le premier contact qu’on a avec elle ! C’est sur la plage !
– Mais c’est une plante sous-marine ?
kokeb : C’est vrai, c’est une plante, et non pas une algue. C’est d’ailleurs un rare exemple de plante endémique, sous-marine à fleurs et à fruits. Poumon de la mer méditerranée, la posidonie (Posidonia oceanica) est indispensable à sa survie, dessous… et dessus ! Intéressons-nous à la Posidonie, dessus !
– Ah ! Oui, sur la plage ! et on la rencontre comment ?
kokeb : Je vous donne un indice : les enfants jouent avec ses petites pelotes.
– Les petites boules… C’est de la posidonie ?
kokeb : Oui, les feuilles de posidonie se décomposent en longues fibres. Ces fibres s’enroulent ensuite sur elles-mêmes ce qui forme une boule, c’est la pelote. Elles s’agrègent aussi parfois avec un rhizome que l’on retrouve quand on ouvre la pelote.

– Et concernant le livre ! J’ai vu une illustration de… pingouin ! Air, posidonie, pingouin… vous pouvez expliquer le lien ?
kokeb : Il s’agit d’une linogravure d’après la peinture préhistorique de la grotte Cosquer près de Marseille.
– à Marseille, des pingouins ! mais il y faisait donc si froid ?
kokeb : Justement c’est le lien. La posidonie est une plante très, très ancienne. On trouve sa trace au Quaternaire, dans certaines grottes préhistoriques qui correspondent à une occupation humaine. Ce sont ces premiers artistes qui nous ont laissé ce témoignage en dessinant un grand pingouin.
– C’est vraiment surprenant de s’imaginer Marseille, ou plus largement le bassin méditerranéen sous les glaces !
kokeb : N’exagérons rien ce n’était pas l’Arctique quand même… mais cela nous interroge sur les variations du climat, l’adaptation des espèces… mais c’est un autre sujet…
– Peut-être une autre façon de rencontrer la posidonie, dessus, alors ?
kokeb : Alors là, vous ne pouvez pas la manquer ! C’est la banquette ! Ou les banquettes !
– Les banquettes, mais c’est seulement l’hiver ! Elles disparaissent l’été !
kokeb : Elles ne disparaissent pas seules… on les retire ! Pour le plaisir des estivants… qui préfèrent le sable !
Pendant la pandémie, de nombreuses plages n’ont pas été « nettoyées ». Chacun s’allongeait sur les banquettes. Elles portent bien leur nom, elles sont en fait très confortables !
– Et comment, elles arrivent… les banquettes ?
kokeb : Comme toutes les plantes, les posidonies perdent leurs feuilles. C’est à l’automne et en hiver, qu’elles sont ramenées par le courant sur le bord de mer. Hachées par les vagues et soulevées par le vent, ces herbes mortes, brunies s’assemblent en une couche épaisse ou banquette, le long des plages.

– La posidonie a donc aussi son rôle à jouer sur terre ?
kokeb : La posidonie participe à l’écosystème marin. Elle a une fonction écologique très puissante. Elle stabilise les fonds marins, dessous… Et, restons dans notre sujet, dessus, les banquettes de posidonie amortissent les vagues. Elles empêchent l’érosion des plages.
Les hommes devraient enfin se réconcilier avec l’environnement naturel. On ne peut plus continuer à anthropiser les plages comme avant… il existe un juste milieu, certaines plages préservées, sauvages, sont très appréciées aujourd’hui.
-Je vous remercie pour toutes ces explications !
kokeb : Merci, mais ce sont juste des observations ! La prochaine fois, je vous raconterai Patience et longueur de la Posidonie … la posidonie, dessous… et encore merci à vous.
– à bientôt alors ! Merci.

La publication d’artiste De l’air ou Posidonie, dessus est imprimé à la demande ; sous couverture photographique aléatoire. Tous les exemplaires sont numérotés et signés par l’artiste kokeb.fr. La linogravure du grand Pingouin de Cosquer est imprimée manuellement à l’encre de seiche (sépia). Il a été en outre réalisé un exemplaire d’artiste. Cet EA réunit dans une boite en velours bleue (10 x 14 x 14 cm) : 1 exemplaire petit format de De l’air ou Posidonie, dessus avec le poème calligraphié à l’encre de seiche ; sous couverture en feuilles de posidonie + 1 exemplaire petit format sous couverture en feuilles de posidonie, de Patience et longueur de la posidonie (Posidonia oceanica) avec un tapuscrit de la discussion scientifique + des feuilles et des pelotes de posidonie.